Sept ans après le passage de la tempête Klaus, les scientifiques de l’Inra planchent sur la forêt des Landes du futur

Les stigmates de la tempête Klaus dans les Landes, le 23 janvier 2009.

 

Comment rendre la forêt des Landes de Gascogne plus forte face aux tempêtes ? Grace à leurs recherches, les scientifiques de l’Inra planchent depuis longtemps sur cette question. Sept ans après le passage de la tempête Klaus, nous les avons rencontré pour faire le point sur leurs nombreux travaux.

C’était il y a 7 ans, fin janvier 2009, la tempête Klaus s’abattait sur les Landes : 60% du massif impactés, 223 000 hectares de chablis, de pins à terre. 95% des parcelles à nettoyer ont été traitées ou sont en cours de nettoyage en cette fin janvier 2016. Tout cela a représenté 42 millions de mètres cube de bois à gérer.

Aujourd’hui, il reste donc 25% des pins tombés à terre à replanter pour effacer les stigmates de la tempête Klaus. Le plan chablis se termine fin 2017. Il permet de toucher des aides de la part du gouvernement ou de l’Europe pour le reboisement.

Pins greffés à l'Inra de Cestas Pierroton - Aucun(e)

 

Après le constat, une question : comment peut-on rendre la forêt landaise plus forte face aux tempêtes ? En modifiant génétiquement le pin maritime ? En protégeant les parcelles grâce à des haies de feuillus ? En remplaçant le pin par une autre espèce d’arbre ?

Nous avons posé ces questions à des scientifiques de l’Inra, l’Institut National de la Recherche Agronomique, à Cestas Pierroton près de Bordeaux.

Pour rendre la forêt des Landes de Gascogne plus forte face aux tempêtes,

Et si on plantait autre chose que du pin maritime ?

Ne faut-il pas tout simplement arrêter la monoculture ? Les chercheurs de l’Inra, l’Institut national de la recherche agronomique, ont lancé une expérimentation dans les années 50. Ils ont planté plus de 350 espèces du monde entier, même des espèces exotiques, dans des arboretums, des sortes de jardins expérimentaux, pour voir comment ces arbres poussaient dans les Landes.

La tempête Klaus, a poussé les scientifiques de l’Inra a relancé une nouvelle phase d’expérimentation, en s’appuyant sur deux nouveaux arboretums lancés dans les Landes à Retjons et Le Frêche il y a 5 ans.

Et si on protégeait les parcelles de pins par d’autres arbres ?

Planter ou laisser pousser des feuillus (chênes, châtaigner, acacias) en lisière des parcelles de pins, la pratique existe dans les Landes. Depuis 25 ans, la surface de ces lisières a même doublé selon le syndicat des sylviculteurs du Sud Ouest.

Pourtant, cette pratique ne protège pas efficacement les pins des vents dominants, des vents d’ouest. Aucun arbre ne résiste aujourd’hui quand ça souffle à plus de 140 kilomètres heure. Un laboratoire de l’Inra à Bordeaux vient de le prouver scientifiquement.

Aujourd’hui, si les sylviculteurs des Landes de Gascogne plantent ou laisser pousser des chênes ou des châtaigniers en lisière de leurs parcelles, c’est surtout pour des raisons phytosanitaires, les feuillus protègent les pins maritimes de certains parasites.

Et si le programme d’amélioration génétique du pin renforçait sa résistance au vent ?

Des scientifiques de l’Inra de Cestas, près de Bordeaux, ont fait une découverte intéressante qu’il faudra creuser. Une découverte dans le cadre d’un programme d’amélioration génétique du pin maritime lancé depuis les années 60.

La rectitude du tronc du pin maritime favoriserait sa résistance au vent. La rectitude du tronc pourrait être lié à un meilleur ancrage du système racinaire de l’arbre dans le sol.

Annie Raffin, Céline Meredieu et Frédéric Danjon, chercheurs à l'Inra - Radio France

 

Les racines du pin étudiées en 3D sur ordinateur

Les scientifiques de l’Inra étudie les racines du pin maritime grâce à des modélisations 3D sur ordinateur. Depuis 1996, avec son équipe, Frédéric Danjon, a numérisé le système racinaire de 1000 pins maritime dans la forêt landaise : des arbres âgés de 1 à 60 ans. Il a deterré les plus jeunes, les tempêtes Martin et Klaus l’ont aidé pour les plus vieux.

Une fois numérisé, le système racinaire de chaque pin, apparaît en trois dimensions sur son ordinateur. Chaque type de racine a une couleur particulière sur l’écran.

Exemple de système racinaire de pin maritime modélisé en 3D - Radio France

 

Frédéric Danjon a utilisé cette méthode pour comparer les systèmes racinaires des pins après le passage de la tempête de 1999 dans les Landes.

Frédéric Danjon de l'Inra étudie les racines du pin maritime sur ordinateur - Radio France

 

En comparant ces centaines d’images en 3D, le scientifique a donc pu constater que la masse de racines d’un pin, leurs grosseurs, leurs positions sont cruciales pour la résistance de l’arbre au vent.

L’Inra a réalisé aussi une modélisation inédite qui permet d’identifier les mécanismes de propagation des dégâts forestiers lors de tempêtes.

Jeunes plants de pins maritimes - Radio France

 

Source: www.francebleu.fr

 

Please follow and like us: