Le Pacifique va subir des tempêtes de plus en plus violentes et fréquentes

Le Pacifique va subir des tempêtes de plus en plus violentes

 

Une étude publiée dans la revue « Nature Geoscience » explique que le phénomène va grandement accélérer l’érosion du littoral.

 

De l’Indonésie à Hawaï en passant par l’Australie et le Canada, les côtes de l’océan Pacifique vont subir des événements météorologiques de plus en plus brutaux, de plus en plus aléatoire aussi. Voici la principale conclusion d’une étude publiée le 21 septembre dernier dans la revue Nature Geoscience par un grand rassemblement de chercheurs originaires de 13 institutions toutes plus renommées les unes que les autres, aux États-Unis et en Océanie notamment.

Pour parvenir à de telles conclusions, les climatologues et géographes auteurs du rapport ont étudié des données relevées sur une cinquantaine de plages réparties sur trois continents et collectées de 1979 à 2012. L’objectif annoncé de cette étude était de mieux comprendre les épiphénomènes météorologiques, tempêtes et précipitations intenses, afin de préparer au mieux les populations à ce type d’événement, notamment responsable d’importantes inondations et surtout de l’érosion du littoral, c’est-à-dire du recul des terres face à l’Océan.

Des « anomalies » climatiques aggravées:

Et cette enquête a donc conclu qu’une recrudescence et qu’une amplification des événements liés à deux phénomènes météorologiques bien connus – El Niño et La Niña – était à prévoir. Ces deux « anomalies » climatiques sont à l’origine, chacune à son époque, de modifications atmosphériques dans différentes zones bordant le Pacifique. Ainsi, généralement du mois de janvier à avril, le premier provoque des pluies anormalement conséquentes et des tempêtes, principalement sur le continent américain, déroute fréquemment des typhons en directions d’Hawaï ou de Tahiti, tout en causant des sécheresses dramatiques à l’autre bout de l’Océan, du côté de l’Indonésie par exemple.

Si ses apparitions sont moins fréquentes et plus longues, La Niña modifie elle aussi en profondeur le climat de plusieurs régions pacifiques. Le phénomène peut par exemple provoquer une augmentation du nombre et de l’intensité des typhons qui frappent l’Asie et l’Océanie tout en épargnant le Pacifique-Est.C’est-à-dire principalement le continent américain.

Des phénomènes climatiques de plus en plus dangereux:

La Niña et El Niño sont donc deux phénomènes aux effets plus ou moins opposés mais relativement familiers pour les scientifiques des régions concernées. Ce qu’explique en revanche l’étude publiée dans Nature Geoscience a de quoi inquiéter chercheurs et population. Et pour cause, elle prévoit des événements climatiques de plus en plus importants et dévastateurs ainsi qu’une récurrence en constante augmentation.

C’est la première fois qu’une étude d’une telle ampleur parvient à établir un lien clair entre des phénomènes climatiques et l’érosion des côtes du Pacifique. Et l’enjeu est crucial. Il s’agit d’aider les populations à anticiper les « oscillations » climatiques pour se préparer à la venue de tempête et à l’impact de ces derniers sur l’environnement. Or, de plus en plus puissantes et fréquentes, elle vont contribuer grandement au recul du littoral par rapport à l’océan et ce partout dans le Pacifique, de l’Australie au Japon en passant par les États-Unis et les îles d’Océanie.

Des perturbations durables:

  • Pour compléter cette étude, les chercheurs ajoutent qu’ils aimeraient pouvoir accéder à des données ou en collecter à propos de l’Amérique du Sud et des îles du Pacifique, telles que la Polynésie, des territoires où les effets du climat sur le littoral sont encore mal connus et quantifiés.

    D’ordinaire, el Niño et la Niña se répondent, chacun pendant sa saison, créant des tempêtes violentes mais limitées dans le temps. Une situation qui pourrait bien évoluer dans les mois et les années à venir. Ian Walker, professeur de géographie à l’Université de Victoria, sur la côte ouest du Canada précise par exemple le cas de la province de Colombie-Britannique, où est situé son établissement. Alors que la région subit normalement des tempêtes pendant une période restreinte, celle d’El Niño, il explique que cette situation est sur le point de changer.

    « Nos recherches montrent que l’érosion du littoral et les inondations peuvent aussi bien survenir en Colombie-Britannique pendant la mauvaise saison d’El Niño que pendant celle de La Niña. Ce qui ne peut pas arriver plus au Sud, en Californie par exemple. » Et de continuer : « Nous devons donc nous préparer non seulement à affronter des tempêtes en hiver, mais aussi ensuite, une fois venue l’époque de La Niña. » Un exemple parmi d’autres des effets potentiellement désastreux des changements climatiques actuels, et une raison de plus pour les climatologue de surveiller de près l’évolution des événements d’ampleur prévus à court et moyen termes.

 

Source: http://www.rtl.fr/

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