Le Mont-Blanc perd plus d’un mètre de hauteur

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Le sommet a été établi, ce jeudi, à 4808 mètres. Tous les deux ans, l’altitude du toit de l’Europe, sensible à l’intensité des vents et des précipitations, est mesurée. Malgré un été caniculaire, la calotte glaciaire au-dessus de 4.800 mètres a augmenté entre mai et septembre.

Le Mont-Blanc: 4810 mètres. La taille du toit de l’Europe est connue par cœur de nombreux écoliers actuels et curieux de la montagne. Mais ce point de référence va devoir être révisé. Le sommet a été mesuré ce mois-ci à 4.808,73 mètres par une expédition d’experts-géomètres, contre 4.810,02 mètres lors de la dernière campagne de mesure en 2013. Le Mont-Blanc n’était pas redescendu sous la barre des 4.810 mètres depuis la campagne menée en 2005, où il avait été mesuré à 4.808,75 mètres.

Année après année, la hauteur du sommet enneigé varie en fonction des vents, des intempéries, de la température. C’est ce qui explique que, pour de nombreuses personnes ayant quitté l’école depuis quelques dizaines d’années, la taille mémorisée soit restée de 4807 mètres, comme l’affichent toujours certaines cartes.

Les géomètres-experts ont chaussé les chaussures d’ascension mardi. Après avoir gagné le point le plus haut du sommet, les spécialistes effectuent deux types de mesure: un GPS très précis évalue pendant plusieurs heures l’altitude précise, à 10 cm près, comme le précisait en 2013 l’un des membres de l’équipe d’experts. En parallèle, les géomètres arpentent le tour du sommet, afin de modéliser sa forme et son évolution.

Tous les deux ans, le Mont-Blanc grandit donc officiellement… ou rétrécit. Le sommet est passé de 4808 mètres en 2003 à près de 4811 mètres en 2007. En 2011, son altitude atteignait précisément 4810,44 mètres. Mais deux ans plus tard, le Mont-Blanc a perdu 42 centimètres, ne s’élevant plus qu’à 4810,02 mètres. «Ce qu’on a constaté, c’est que les variations étaient liées aux précipitations et au vent», expliquait le géomètre-expert Philippe Borrel .

Mesure après un été de canicule

La modélisation de la forme du sommet permet par ailleurs d’évaluer sa déformation. Au fil des mesures, les spécialistes ont ainsi noté que le Mont-Blanc se «déplace» de façon régulière vers l’est: en 2009, il se situait 34 mètres plus à l’est qu’en 2003.

L’équipe envoyée au sommet du Mont-Blanc évalue donc l’ensemble des effets du changement climatique. À plus de 4000 mètres de hauteur, les effets de périodes caniculaires ressentie plus près du niveau de la mer ont rarement d’effet. Cette année pourtant, des températures positives ont été relevées presque jusqu’au sommet. En juillet, l’isotherme zéro degré, à savoir l’altitude minimale à laquelle la température est nulle ou négative, s’est très nettement rapproché du sommet du Mont-Blanc, où des guides de haute-montagne avaient repéré de la neige mouillée.

Pour la première fois cette année, les géomètres-experts ont comparé la mesure du mois de septembre avec une autre mesure réalisée le 31 mai à la fin du printemps. De manière surprenante, le Mont-Blanc culminait alors quasiment un mètre plus bas, à 4.807,88 mètres. Malgré un été caniculaire, la calotte glaciaire au-dessus de 4.800 mètres a aussi augmenté entre mai et septembre. Elle mesurait 18.120 m3 en septembre contre 13.395 m3 fin mai.

Source: http://www.lefigaro.fr/

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