Guatemala : le terrible bilan du glissement de terrain grimpe encore

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191 personnes ont perdu la vie, 150 sont disparues. Cette catastrophe qui s’est déroulée il y a une semaine près de la capitale avait pourtant été annoncée par de nombreux rapports. D’où l’émergence de critiques visant des autorités jugées corrompues.

Le bilan du glissement de terrain près de la capitale du Guatemala ne cesse de s’alourdir: on compte désormais 191 morts et 150 personnes disparues. Une centaine de maisons ont été recouvertes de boue et de pierres dans la nuit de jeudi à vendredi dernier dans le quartier de Santa Catarina Pinula, à une quinzaine de kilomètres de la capitale. Les recherches continuent mais il est pratiquement impossible selon les experts de retrouver des personnes vivantes.

Plus d’espoir de retrouver des survivants

Depuis jeudi, les sauveteurs n’ont sorti que des cadavres des décombres. Les survivants ont trouvé refuge dans des auberges municipales ou des temples évangéliques. L’odeur des corps en décomposition oblige les sauveteurs à porter des masques. C’est l’une des plus graves catastrophes des dernières années au Guatemala. Les recherches vont se poursuivre encore deux à trois semaines avant de déclarer la zone cimetière communal. Les indentifications ne pourront bientôt plus se faire que par l’ADN prélevé sur les corps.

La justice guatémaltèque a ouvert une enquête pour établir les responsabilités dans ce drame, car les accusations se font de plus en plus insistantes laissant penser que ce qui s’est passé était très facilement prévisible. Les autorités de la Coordinadora nacional para la reduccion de desastre (Conred) a fait parvenir un rapport aux autorités municipales pour prévenir d’un risque imminent en décembre 2014. «L’endroit du désastre était entouré de rouge» affirme le secrétaire exécutif de la Conred, Alejandro Maldonado, fils du président intérimaire du Guatemela.

La représentante de l’ONU au Guatemala, Valérie Julliand s’est montré très sévère à l’encontre des institutions guatémaltèques. «Nous parlons de ce désastre comme si il s’agissait seulement d’un désastre naturel, mais ce qui s’est passé à Santa Catarina Pinula va plus loin». Si elle reconnaît que les pluies ont été fortes, elle ajoute qu’il est important que les institutions de l’Etat «travaillent mieux, fassent mieux et que les lois soient respectées…»

Dans son rapport de 2014, la Conred relevait que le Rio Pinula provoquait une érosion sur les terres et les maisons de ses rives. Elle recommandait de reloger la communauté dans un endroit plus protégé. Le chef de la Comisión internacional contra la impunidad para Guatemala (CICIG), Ivan Velasquez a déclaré que «la population guatémaltèque a compris que derrière une catastrophe comme celle-ci, la pollution de la rivière à cause de l’irresponsabilité de certains, derrière les enfants qui meurent de faim, derrière le manque d’éducation, de médicaments, derrière la condition misérable de tant de millions de personnes, il y a la corruption».

Source : http://www.lefigaro.fr/

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