Faux séisme, vrais secours

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Des dizaines de sauveteurs ont convergé de toute la France, hier, pour porter secours aux victimes du séisme de magnitude 7,8 sur l’échelle de Richter qui a touché Mulhouse. Un séisme fictif, qui a permis à l’ONG Corps mondial de secours de s’exercer en conditions réelles, rue Josué-Hofer.

 

Message catastrophe parvenu à la rédaction hier matin. Tremblement de terre de magnitude 7,8 sur l’échelle de Richter à la frontière franco-suisse. Centre-ville de Mulhouse durement touché. Nombreux bâtiments détruits, bilan de plus de 300 victimes, confirmation de personnes disparues. Vite, filons sur les lieux du drame indiqué dans le message, rue Josué-Hofer.

Le Corps mondial de secours – une organisation non gouvernementale française – est déjà sur place à la recherche de survivants. Ils viennent d’arriver de Bretagne, d’Agen, de Paris, de la région bordelaise ou des Alpes. Le coin, post-catastrophe, n’est pas joli à voir. Plusieurs personnes sont déjà évacuées sur civière, hébétées, désorientées, en état de choc.

Au loin, des cris, des appels à l’aide. Les secouristes portent assistance à un homme, bloqué dans une étroite bouche d’égout. D’autres victimes sont encore coincées sous des poutres en ferraille, des débris ou des blocs de béton.

Pas de panique:

Si vous êtes parvenus à ces lignes, pas de panique. Tout est faux. Seule l’intervention du Corps mondial de secours est vraie. Après Cherbourg au mois d’avril, l’ONG a investi le terrain appartenant aux Tuileries Oscar Lesage, l’espace de 24 heures, pour « s’entraîner et valider des techniques afin d’être plus performant en cas de secours » , comme l’explique le Colmarien Éric Zipper, le président de l’association.

Le Corps mondial de secours (créé en 1972 à l’initiative de l’Abbé Pierre) intervient partout dans le monde, là où d’importants sinistres se déclarent (Katmandou, Hawaï…). Il regroupe 120 personnes, dont 80 sauveteurs opérationnels. Ses membres (maîtres-chiens, spécialistes dans les techniques d’écoute, infirmiers, médecins…) effectuent des stages de formation ainsi que deux manœuvres d’envergure par an, le plus souvent sur le sol français.

Pourquoi avoir choisi Mulhouse et le terrain (en chantier) appartenant aux Tuileries Oscar Lesage en particulier ? « Parce qu’il nous permet de reproduire, à l’échelle grandeur nature, ce que l’on peut trouver un peu partout en période de sinistre. Parce que l’on peut travailler en conditions réelles au cœur d’un endroit dépaysant, non aseptisé , poursuit Éric Zipper. Un coin avec un bâtiment instable, la possibilité d’aménager des caches pour des victimes. »

Patrick Betscha, de la société Oscar Lesage, passe justement par là, accueilli par le président de l’ONG. « On a refait la déco, ça vous plaît ? » Réponse de Patrick Betscha : « C’est pas mal, c’est plus aéré ». Autant en profiter. D’ici quelques mois, ce terrain de 30 000 m² accueillera des bâtiments commerciaux. En attendant, le Corps mondial de secours a mis hier en pratique de nouvelles procédures. « Depuis notre intervention au Népal, on a eu envie de tester de nouvelles choses, pour progresser » , reprend Éric Zipper. Comme l’essai de nouvelles civières dans les gravats. Ou encore ces fiches à remplir après avoir secouru chaque victime, pour qu’elles soient plus efficacement prises en charge par le poste médical avancé.

Entraînement dans les souterrains de Pfastatt, puis chez Sipp à Illzach:

Cet entraînement grandeur nature se poursuit sur le site jusqu’à ce midi. L’ONG a également investi hier les souterrains de Pfastatt. Dans la nuit, ses membres se sont aussi entraînés du côté de l’ancienne usine Sipp, à Illzach. Un bâtiment « pas flippant, mais impressionnant de nuit » , pour Éric Zipper.

Dernière étape ce matin : l’intervention des pelleteuses, comme à chaque fin d’opération post-séisme. « L’équipe des secouristes restera autour, pour vérifier que personne ne reste accroché au godet de la pelle. Et, si c’est le cas, pour extraire proprement les victimes » , ajoute le président du Corps mondial de secours. Pour de faux, on l’aura compris.

 

Source: http://www.lalsace.fr/

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