Comment les assureurs intègrent la multiplication des phénomènes climatiques violents

Comment les assureurs intègrent la multiplication des phénomènes climatiques violents

 

Plusieurs communes de Charente-Maritime balayées par une tornade,  trois morts dans la région Rhône-Alpes et dans l’Aube… La France a été touchée par un nouvel épisode d’intempéries intenses, mercredi 16 septembre. Face à la multiplication de phénomènes climatiques violents, les assureurs intègrent le risque et mettent en place des outils pour les particuliers et des contrats adaptés pour les entreprises.

Pour les particuliers : SMS, camion mobile et serveur vocal:

Les contrats d’assurance à destination des particuliers n’ont pas connu d’évolution récente au regard de la multiplication des phénomènes climatiques violents. Depuis les années 1980, la couverture du risque de catastrophe naturelle (régi par le Code de l’assurance et soumis à un arrêté ministériel) ou de tempête (orages et pluies violentes, tornades…) est une composante obligatoire des assurances multirisques habitation et automobile. Une spécificité française qui repose sur la mutualisation du risque.

Est-il envisagé de proposer aux assurés des contrats personnalisés, en fonction de leur lieu d’habitation par exemple ? Une telle distinction ne serait « pas mutualiste« , selon la Maïf. « On ne paie pas plus cher en fonction de son lieu d’habitation, des intempéries peuvent survenir partout. Chez nous, les sociétaires sont assurés et assureurs« , indique la mutuelle à francetv info. « Le législateur a souhaité protéger le plus possible les assurés« , confirme Franck Le Vallois, responsable des indemnisations chez Allianz.

Zones inondables, sismiques, exposées à la sécheresse… Ces risques sont couverts par les assurances multirisques. « La seule chose qui peut être impactée, c’est la franchise« , relève-t-on à la Caisse centrale de réassurance. Les sociétés d’assurance peuvent aussi répercuter le coût des catastrophes naturelles sur les tarifs des contrats l’année suivante. En 2014 et 2015, ces catastrophes ont été moins importantes qu’en 2013. La Maïf a ainsi annoncé jeudi 17 septembre qu’elle n’augmenterait pas ses tarifs en 2016.

Les catastrophes naturelles ont tout de même coûté 2,2 milliards d’euros aux assureurs français l’an dernier. L’objectif est donc de mieux maîtriser ces coûts, en amont et en aval. Comme l’indique Le parisien jeudi 17 septembre, Axa envoie depuis cet été des SMS à ses assurés pour les prévenir de phénomènes climatiques attendus et des précautions à prendre (mettre les meubles en hauteur, rassembler leurs documents importants à l’étage,calfeutrer leurs portes et fenêtres…).

Le groupe Allianz, qui a un partenariat avec Météo France depuis 2011, envoie lui aussi des SMS à ses clients. Une fois la tempête passée, l’assureur a aussi mis en place, depuis un an, une unité mobile d’intervention. « Un camion se déplace vers les sinistrés avec des experts afin d’accélérer les démarches« , explique Franck Le Vallois à francetv info. Objectif : « Casser l’image d’Epinal de l’assureur peu réactif. » La Maïf a, elle aussi, mis en place une cellule pour être plus rapidement opérationnelle face aux intempéries. Un serveur vocal interactif consacré aux évènements climatiques en cours est immédiatement déclenché, et une page spéciale est mise en ligne sur le site internet.

Pour les entreprises : des contrats pour anticiper la variabilité climatique:

Si les contrats demeurent assez semblables pour ce qui est des particuliers, ils ont évolué à destination des entreprises, qui doivent de plus en plus prendre en compte la variabilité climatique à laquelle elles sont soumises. Comme le souligne le nouvel économiste, 70 % de l’économie serait météo-sensible, selon le secrétariat d’Etat américain au commerce.

Un marché prometteur pour les assureurs. « Les entreprises sont demandeuses car la plupart ont une acuité des risques auxquels elles sont contraintes », souligne Franck Le Vallois, chez Allianz. Des risques de plus en plus difficiles à anticiper par rapport aux normales saisonnières.

L’assureur Groupama propose ainsi, depuis peu, une assurance « Multirisque climatique sur récoltes » à destination de ses assurés agriculteurs. Dans un autre domaine, le courtier Météo Protect ne propose pas de rembourser les sinistres en cas de violentes tempêtes ou de catastrophes naturelles, mais de « compenser les conséquences d’une météo défavorable« , explique dans Le Parisien Jean-Louis Bertrand, directeur du développement de cette assurance spécialisée. Et de citer en exemple ces cafés contraints de fermer leurs terrasses lorsque l’arrière-saison est très pluvieuse.

Les assureurs ont également passé des contrats avec des voyagistes, qui proposent un remboursement aux touristes en cas de séjour trop pluvieux. Une sorte de garantie « soleil ». Idem pour les vacances à la montagne, pour lesquelles une assurance neige peut être proposée.

 

Source: http://www.francetvinfo.fr/

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